J’ai vu : Michel Sardou au Palais des Sports

Michel Sardou

J’entamerai mon récit par une petite observation préliminaire à l’attention de cette grande légende de la variétoche:

Mon cher Michel, nous sommes certes un peu (beaucoup) allumées mais tout à fait attachantes au demeurant. Comme l’enfant qui à l’aube de son 10e anniversaire se précipite dans la queue pour faire, refaire et refaire encore Space Mountain, nous avons vu 3 fois Confidences et Retrouvailles.

Dont deux la même semaine.

Estimant avoir contribué – peut être un peu chichement, mais nos amis juristes t’expliqueront fort bien que toute contribution n’est due qu’à proportion des facultés de chacun – au paiement de ta déclaration 2012 -qui 3 fois dans l’année, généralement autour du 15 du mois, t’emplit d’une joie non feinte – nous te saurions grées d’avoir un petit geste à notre égard avant que de passer l’arme à gauche.

Ne t’en fais pas, nous ne sommes pas bien gourmandes, ta Porsche Panamera – 4S de préférence – fera amplement l’affaire. A bon entendeur…

Trêve de plaisanteries, il est temps d’entrer dans le vif du sujet et Dieu sait si justement Michel, notre sujet l’est encore, vif.

Michel Sardou a commencé une carrière qui n’en était pas une. Mi imitateur, mi chansonnier il a débuté sur les traces de son papa Fernand Sardou, qui représentait au Sud ce que Maurice Chevalier était au Nord.

Quelques années de cours de chant, d’alcool et de tabac ont forgé ce timbre grave reconnaissable entre mille, et un vibrato magique. La naissance de la légende.

Je dois bien l’avouer, j’ai longtemps été secrètement amoureuse de Michel Sardou. Non pas que cette passion sublime se soit étiolée au fil du temps, simplement qu’elle n’a plus grand-chose de secret au vu des railleries dont mon amour incompris fait constamment l’objet.

Comme le disait Daladier, en réponse à une foule scandant « Mort aux cons », avec un sens de l’à propos tout à fait hors du commun : « Vaste programme ! ».

Alors, Michel Sardou en concert, ça donne quoi ? Du pire et du meilleur, et surtout une indulgence – sinon un amour – totalement démesuré du public.

On loue son énergie et sa voix, la justesse et les textes sont assez approximatifs sur plusieurs chansons. On se régale de la richesse symphonique de son répertoire, sur scène : un synthétiseur. On lui reproche de diviser, il fédère un public toujours croissant sur son nom et ses chansons.

Comme à chaque live, on découvre des perles. La force de Michel Sardou c’est un talent d’écriture hors pair, des mots justes, des phrases ciselées, un réalisme tout à la fois pudique et mordant. Dans Le mauvais Homme, chanson de ses débuts peignant l’enfant né d’un viol, il réussit ce tour de force d’éviter le pathos et les clichés, le tout sur une composition qui flirte (dangereusement ?) avec les plus grands tubes d’Hallyday père. Chef d’œuvre.

Et si finalement son plus grand atout était ce petit rien qui fait rêver les femmes (Oui, j’ai fait partie de ce public féminin qui s’esclaffait bêtement chaque fois qu’il nous gratifiait d’un bon mot dicté par ce cynisme débordant qui le caractérise) et que lui jalousent de façon plus ou moins bien dissimulée les hommes ? Un charme irrésistible.

...Bagatellement vôtre...

La sélection de Bagatelle « Michel Sardou » : 
Je passe sur les plus connues, que vous avez tous chantées dans un état pas toujours très sobre. Evidemment, Le Mauvais Homme, citée plus haut. Il y a aussi La Dernière Danse, très jolie chanson sur le bilan d’une vie. En dehors du tour de chant 2011, on pourra retenir Tu te reconnaitras  qui a réuni tant de couples – et quand Michel œuvre un peu pour nous, on l’aime encore plus- ou enfin le formidable  Successeur , une dont l’écriture  est vraiment parmi les plus abouties de son répertoire. Et tant d’autres… !
Découvrez la playlist Michel Sardou avec Michel Sardou
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