Maurane, le bon Mô…

 

Quand j’ai su que j’allais rencontrer Maurane, j’ai commencé (doucement mais sûrement) à rebattre les oreilles de mon entourage « Je vais voir Maurane, Je vais voir Mauraaaaane » ; allant parfois jusqu’à ponctuer mon propos d’un « Nananananèèèère » à l’attention des moins réceptifs (comprendre : Et ouais, tu l’as dans le baigneur mon pote !!). Et tout ça pendant une semaine. Et ça peut être très long une semaine…

Mais étrangement, pour une fois, personne n’a tenté de m’enfermer dans une cage ou de me jeter des cacahuètes à la figure, sacrifiée sur l’autel de mes goûts musicaux douteux… A l’inverse les avis élogieux étaient unanimes : Maurane est incontestablement l’une des plus belles voix de la chanson et force le respect.

En toute honnêteté, je connais assez peu son répertoire. La culture familiale a érigé Les enfoirés et autres comédies musicales en religion d’état ; donc pour moi Maurane c’est avant tout Starmania (sœur de serveuse automate de l’incroyable Louise Forestier, qui fera l’objet d’un prochain article sur le Québec), Emilie Jolie (Non, la politique de l’autruche n’a pas que ses mauvais côtés… René Coty l’avait déjà prouvé !), l’immense duo « Derrière l’amour » avec Patriiiiick en 2000, et cet énorme tube un an plus tard avec Lara Fabian « Tu es mon autre »… Comme elle nous le disait, la musique ça se partage. Et elle sait drôlement bien la partager.

Oui. Mon idole des bacs à sable, mes souvenirs de culotte courte. Rencontrer Maurane pour moi c’est un peu comme convaincre ma mère, chaque année depuis ma majorité, de continuer à m’offrir le calendrier de l’Avent avec un Kinder Surprise sous la case du 24.

J’arrive donc mercredi dans les studios d’Universal Music, au milieu des 7 autres « Happy Few » de la soirée, complètement surexcitée avec 10 milliards de questions à lui poser.

Elle entre dans la salle avec Pepito, formidable guitariste et chanteur de Flamenco, avec lequel elle forme une belle équipe à la scène comme à la ville.

Ok, là on est impressionnés. Elle est superbe : fraîche comme la fleur de son dernier album, souriante, de grands yeux malicieux qui pétillent… et, comble du surréaliste, elle a l’air presque aussi intimidée que nous !

Maurane décide de détendre l’atmosphère « Je ne mords pas » et propose le tutoiement d’emblée. L’échange est lancé, les questions fusent.

Elle raconte ses débuts, quand elle chantait à 14 ans dans la rue. Sa mère aujourd’hui un peu coupable d’avoir laissé faire, mais tellement fière de cette réussite.

Le Big Bazar de Michel Fugain, coloré, qui représentait plutôt bien l’idéal de chanteuse auquel elle aspirait… et ses premiers pas au Grenier A Chansons, tout prêt à s’effondrer ou à s’enflammer, au choix.

Quelques anecdotes savoureuses de cette période : le client d’un restaurant qui lui demande de chanter moins fort « parce qu’on n’entend même plus le bruit des couverts », ou qui va jusqu’à lui proposer de l’argent pour qu’elle mette un terme à ses velléités d’interprète. (!!!)

Maurane choisit ses chansons « à la chair de poule » : on avertit les auteurs-compositeurs qu’elle prépare un nouvel album, et si la chanson l’émeut c’est gagné ! (Avis aux artistes en devenir… ?!)

En dehors du magicien Nougaro à qui elle a consacré un album, elle avoue admirer beaucoup Ella Fitzgerald qui lui donne une pêche d’enfer, (mais limiter son écoute de Billie Holiday qui a long terme lui file le bourdon) promeut ses amies Céline Dion ou Lara Fabian, défend le talent immense de son papa musicien, méconnu de son vivant, avec une pointe d’émotion supplémentaire.

Quand on la félicite pour le frisson de sa voix (qui, parlée, est d’ailleurs tout aussi envoutante que chantée) et sa justesse, elle répond humblement qu’elle n’est pas forcément au goût de tout le monde et qu’elle n’a jamais pris de cours de chant (A ce moment là j’ai clairement failli tomber de ma chaise…) jusqu’à Richard Cross, qui s’occupe d’elle depuis peu et soulève quelques imperfections de technique.

Piano, chant, guitare… Elle partage avec Pepito cette passion d’autodidacte qui lui a fait franchir seule les marches les plus ardues. Lui s’est décidé à suivre pendant un an quelques cours de guitare…avant d’épauler l’année suivante ses anciens petits camarades de classe…!

Et si elle ne devait retenir qu’une seule chanson ? La question est toujours celle qui pose problème. Après quelques hésitations, elle cite « Si Aujourd’hui » de son album éponyme sorti en 2007. Je ne connaissais pas la chanson, je l’ai écoutée en rentrant.

Et j’ai compris : le velours, la passion, les papillons.

On se quitte après plus de 2h30 de discussion (alors qu’elle était supposée nous accorder seulement 2 heures), la promesse d’organiser très vite une nouvelle rencontre davantage basée sur la technique vocale, dirigée justement par Richard Cross, et l’impression d’avoir retrouvé la bonne copine rigolote qu’on aurait un peu perdue de vue.

La force de Maurane c’est son aura. Elle distille un incroyable sentiment de bien être et de sérénité, rare chez les artistes.

Une femme qui n’attendra pas d’être en haut pour trouver ce qu’elle venait chercher en bas.

...Bagatellement vôtre...

Maurane vient de sortir un nouvel album intitulé « Fais moi une fleur », et sera en concert à l’Alhambra de Paris les 3, 4 et 5 novembre 2011 avant d’entamer une tournée internationale.

                                                   La sélection de Bagatelle « 10 chansons, 10 bonnes raisons d’écouter Maurane » : Je vous ai préparé un petit medley qui m’a fait connaître Maurane, au fil des mes recherches, comme je ne la connaissais pas… 

Parce qu’elle est super rigolote : La pomplainte mode d’emploi, La pomplainte du Canapompé

Parce qu’elle est super émouvante: Si Aujourd’hui, Sur un prélude de Bach, Je voulais te dire que je t’attends

Parce qu’elle est super en duo: Derrière l’amour, Tu es mon autre

Parce qu’elle est  super jazzy : Fais moi une fleur, Face B (dernier album) et Chanson de l’Autruche

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